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03 janvier 2008

Galère annoncée pour les sans-papiers(source l'humanité du 3 janvier)

Le Mesnil-Amelot, puis Vincennes, peut-être aujourd’hui ou demain Palaiseau, Choisy-le- Roi, Saint-Exupéry à Lyon… Les manifestations contre les conditions d’interpellation des étrangers vont, à l’intérieur même des centres de rétention, de l’affichage pacifique des slogans sur des teeshirts, à des grèves de la faim plus ou moins sporadiques, en passant par des refus de rejoindre les chambres à l’heure du couvre-feu. Résultat, au Mesnil-Amelot (77), il n’y a eu aucune violence. Abou N’Bianor, professeur de mathématiques en France depuis six ans, arrêté après une convocation en préfecture pour vérifier où en était son recours et enfermé au Mesnil- Amelot, a cherché à faire le point, avec ses compagnons d’infortune, sur leur situation. Il a découvert, entre autres, un consultant financier avec une femme française, en France depuis dix-neuf ans, qui n’avait pu faire renouveler son titre de séjour parce qu’il était hospitalisé ; un jeune Congolais dont la mère est morte et dont le père, en situation régulière, est très malade ; une personne qui avait obtenu quatre fois un titre de séjour et se l’est vu refuser à la cinquième demande, personne qui a depuis été expulsée.

L’étranger
par Jean-Paul Piérot
Des nouveau-nés enfermés dans des centres de rétention, des lycéens la peur au ventre à l’idée de se faire arrêter et embarquer dans un avion quelques mois avant de passer le bac, une femme terrorisée au point de se défenestrer quand elle voit des policiers approcher de son appartement… Des centaines d’autres histoires tristes à pleurer pourraient être mentionnées. Les militants des droits de l’homme des associations les plus diverses, de la Cimade à RESF, en rencontrent chaque jour. Car ces drames, cette souffrance imposée, cette inhumanité affichée, ce n’est pas la chronique de quelque dictature lointaine, ni celle de la France de la nuit brune. Il faut avoir le courage et la lucidité de le dire : dans la France de Sarkozy, la liberté recule, cède du terrain à la xénophobie et au racisme.

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